Article publié le 29/03/2018

Tribune libre : Réouverture de l'hippodrome de Longchamp, conquête du numérique... Comment le Turf peut-il se redynamiser ?

Tribune libre : Réouverture de l'hippodrome de Longchamp, conquête du numérique... Comment le Turf peut-il se redynamiser ?

TRIBUNE LIBRE

 

 

Réouverture de l'hippodrome Longchamp, conquête du numérique...,

comment le Turf peut-il se redynamiser ? par Stéphane Lormeau, www.turfomania.fr

 

 

Paris, le 29 mars, Depuis 2012, le secteur des courses hippiques françaises rencontre des difficultés à renouveler ses joueurs. La difficulté rencontrée est celle du non remplacement d’une clientèle vieillissante par de nouveaux turfistes, ceci alors que les Paris Sportifs attirent chaque jour, toujours plus de nouveaux parieurs. Il est impératif aujourd'hui pour toute la filière des courses hippiques françaises de se renouveler.  Rompre avec le passé pour enfin, comme d'autres filières l'ont fait, oser l’innovation et séduire une nouvelle clientèle. 

 

Stéphane Lormeau, fondateur de Turfomania.fr livre son analyse :  

Les raisons du désamour du Turf s'expliquent par le fait qu'il correspond avant tout à une population aujourd'hui vieillissante. Les jeunes générations ne s’y intéressent pas dans sa forme actuelle, trop complexe et en rupture avec les nouveaux jeux intuitifs auxquels ils sont habitués. Cette non captation de nouveaux turfistes induit une baisse inquiétante de joueurs qui s'explique dans le même temps par les spécificités du marché français : jeux de loterie (Tiercé, Quarté et Quinté +) pour de gros gains. De plus,les derniers jeux proposés n’ont pas rencontré leur public comme leur lancement le laissait espérer. Quant au Quinté, il réduit l’espoir de gains et démotive les parieurs  : trouver 5 chevaux dans l’ordre et un numéro + tiré au sort, pour l’emporter, relève du hasard.

> Etat des lieux du Turf français : 

Ce qui est fait actuellement par les principaux acteurs du Turf et qui fonctionne :

Les sociétés de courses France Galop et la SECF (Le Trot) ont initié une transformation des hippodromes devenus aujourd'hui des lieux festifs et attractifs pour le grand public

Par exemple : l'hippodrome de Paris Vincennes et l’hippodrome de Chantilly organisent des événements spectaculaires afin de faire venir le grand public sur place. La cible visée s’élargit et vise désormais les parieurs comme les non parieurs. Ex : Les grands événements comme Le Grand Prix d’Amérique à Paris-Vincennes, le Prix de Diane à Chantilly, Le Qatar Arc de Triomphe à ParisLongchamp, les Dimanches au Galop dans différents hippodromes tout comme les EpiqE Days tout au long de l’année.

 

Cependant, ces belles initiatives restent encore insuffisantes pour redonner un nouveau souffle au Turf. Voici quelques axes de réflexion sur ce qui peut encore être fait :

 

1. Le jeu simple doit devenir le fer de lance des jeux PMU

De cette manière, la culture de la course pourra plus facilement se développer et toucher de nouveaux joueurs potentiels. 

Par exemple, le jeu simple, qui consiste à trouver le gagnant d'une course favorise la culture course. Cela implique de délaisser le Quinté loterie (puisque la concurrence avec la Française des Jeux n'est plus d'actualité), au profit des jeux plus facilement compréhensibles et dans la logique des paris sportifs.

 

2. Ouvrir les hippodromes à la concurrence du PMU

L’objectif est de faire des hippodromes des lieux attractifs de rencontres et d’échanges. L’ouverture à de nouveaux acteurs tels que BetClic, Zeturf, Unibet. Cette concurrence permettrait d'animer en permanence les hippodromes pour le plaisir du grand public plus enclin ainsi à y venir. 

Exemple : en Australie, TAB, l’équivalent du PMU dispose de guichets en dur, alors que les opérateurs alternatifs disposent des halls d’accueil pour promouvoir en ligne leurs services. Le petit côté « à la criée » anime les halls des hippodromes tout en laissant la part belle à l’opérateur historique.

 

3. Améliorer l'information officielle délivrée aux parieurs par les entraîneurs  : Permettre au public d'obtenir plus d'informations sur les chevaux engagés dans les courses hippiques favoriserait le développement des jeux simples : engager une cheval pour le mettre en condition est différent d’avoir course visée.

Ainsi les entraîneurs des partants auraient l'obligation de déclarer l'objectif qu'ils visent à l'arrivée de la course.

 

En bref, les initiatives déployées par France Galop et la SECF pour Le Trot sont de bonnes solutions (la révolution numérique, la modernisation des infrastructures devenues écologiques, festives et connectées, les événements). Mais il faut aller plus loin en simplifiant le jeu comme l'accès aux informations sur les partants et paris hippiques pour les parieurs. Enfin favoriser l'émulation par une ouverture des lieux à la concurrence comme savent si bien le faire les anglo-saxons ou l’Australie, permettrait de rajeunir le public et de rendre le Turf plus glamour. 

 

 

 

A propos de Turfomania 

Créé en 2003 par Stéphane Lormeau, passionné de courses hippiques, TURFOMANIA est devenu une marque reconnue auprès des turfistes français. Le média compte plus de 5.000.000 de visites mensuelles et bénéficie d’un positionnement leader sur le mobile. 

Carrefour d’audience de l’information hippique en ligne en France, le site traite et analyse quotidiennement l’actualité du secteur. Le site s’appuie sur une expertise acquise au fil d’années d’expérience dans le domaine.